Le Prix de l’Animalisme Francophone

Le Prix de l’Animalisme, l’occasion de porter un regard sur les avancées de la cause animale

Depuis l’année dernière, la cause animale a sa propre remise des prix. Le Prix de l’Animalisme Francophone récompense les initiatives favorables aux animaux, qu’il s’agisse de campagnes associatives, de livres, d’alternatives aux produits animaux ou encore d’interventions politiques. La cérémonie de clôture de l’année dernière avait réuni un petit public composé pour bonne partie de militants animalistes et de responsables associatifs, mais aussi d’élus tels que Bastien Lachaud (meilleur élu 2019) ou de représentants du monde du spectacle (l’Écocirque sans animaux d’André-Joseph Bouglione avait reçu le prix de la meilleure entreprise). Cette année, Covid oblige, tout a eu lieu en ligne, des votes (ouverts à tout internaute) à l’annonce du palmarès. La remise des prix dans les huit catégories est aussi l’opportunité de porter un regard rétrospectif sur les avancées de 2020 pour la cause animale.

La pandémie de Covid-19 a été l’occasion pour les animalistes de pointer une conséquence méconnue de l’élevage. Une longue tribune parue dans Le Monde (prix du meilleur article), nous informait que trois facteurs liés à l’exploitation animale expliquent l’émergence de nouvelles maladies virales : le commerce d’animaux sauvages, l’élevage intensif et la destruction des habitats de la faune sauvage. Arrêter de maltraiter les animaux et les écosystèmes est aussi un impératif de santé humaine, déclare donc le collectif de scientifiques et experts signataires. Parmi ces derniers se trouve le lauréat du prix du meilleur politique : le député et docteur vétérinaire Loïc Dombreval. Outre son soutien à plusieurs tribunes en faveur des animaux, le président du groupe d’études « Condition animale » de l’Assemblée nationale a aussi soutenu de nombreux amendements et propositions de lois en faveur des animaux, et défendu activement la tentative de Référendum pour les Animaux, elle-même récompensée du prix de la meilleure campagne associative. Cette initiative de trois grands chefs d’entreprise et du journaliste Hugo Clément a suscité la coopération et le soutien de 57 associations animalistes. Leur démarche est de demander que les Français puissent s’exprimer par référendum sur des questions telles que l’accès à l’extérieur obligatoire dans les élevages, l’interdiction des cages, la fin de l’élevage pour la fourrure, l’interdiction des chasses « traditionnelles » ou encore l’interdiction des spectacles avec animaux sauvages. Si le manque de soutien parmi les élus ne laisse malheureusement que peu d’espoir pour ce référendum, cette campagne a largement contribué à donner une voix à  l’animalisme dans le débat politique cette année. Elle a contribué entre autres aux annonces par le gouvernement de l’interdiction de la chasse à la glue (du moins pour cette année) ainsi que la fin des élevages de visons et des spectacles avec animaux sauvages dans les delphinariums et les cirques itinérants. 

Si la question animale est de plus en plus présente en politique, elle continue aussi de faire régulièrement la une des actualités, que ce soit au travers des enquêtes de L214 (association récompensée dans trois catégories l’année dernière) ou des faits divers dus à la chasse ou à d’autres cas de maltraitance. Les affaires de chevaux mutilés en France ont été l’occasion de découvrir Laurent Bègue-Shankland, désigné cette année comme le meilleur porte-parole de la cause animale. Cheville ouvrière de Lundi Vert, l’initiative proposant de se passer de viande et de poisson au moins un jour par semaine, ce chercheur en psychologie a été repéré par les médias pour sa contribution à la première étude française sur les actes de cruauté envers les animaux. Menée auprès de plus de 12 000 adolescents, elle montre l’implication des représentations culturelles concernant la valeur des animaux. Ses interventions lui ont permis de rappeler que certains sévices infligés aux animaux (corrida, élevage intensif), bien que non nécessaires, jouissent d’une très forte acceptation, mais que nos connaissances sur la subjectivité des animaux nous poussent à évoluer. 

Signe de ce changement culturel, de nombreux ouvrages ont été publiés l’année passée sur la question animale, dont quatre aux prestigieuses Presses universitaires de France qui avaient attendu 2018 pour faire paraître leur premier ouvrage sur le thème de l’antispécisme. L’ouvrage ayant reçu le prix du meilleur livre, Carnage de Jean-Marc Gancille (éditions Rue de l’Echiquier), dresse l’inventaire des victimes de la domination humaine et interroge notre rapport à la viande, à la chair, aux animaux et à l’exploitation du vivant dans son ensemble. Comme il le rappelle “l’espèce humaine tue consciemment, volontairement, chaque minute dans le monde, plus de 2 millions d’animaux. Elle massacre en une semaine 50 fois plus d’animaux que l’ensemble des victimes humaines de toutes les guerres de l’histoire de l’humanité”. 

Et si la solution ne venait pas d’un sursaut moral ou écologique chez nos congénères, mais surtout de la facilité à se passer des aliments issus de l’exploitation animale ? Cette année, le géant américain Beyond Meat a continué l’expansion de son offre de steaks végétaux avec l’ouverture de ses deux premières usines en Europe et la diffusion de ses produits dans les supermarchés Delhaize en Belgique et Monoprix, Franprix et Casino en France. Mais c’est la start-up française Les Nouveaux Fermiers, lancée cette année, qui a décroché la récompense de la meilleure entreprise. Celle-ci n’a pas hésité à jouer sur le délai avant la mise en application de la loi sur les appellations pour promouvoir sa viande végétale à base de soja, de blé et de pois-chiche, tout en défendant l’intérêt écologique et éthique de l’alimentation végétale. Grâce à une levée de fonds de trois millions d’euros, une nouvelle chaîne de production va permettre de multiplier par trois sa production, de baisser ses prix de vente et de faciliter l’accès à des steaks, émincés et nuggets offrant le goût de la viande sans ses inconvénients.

Vous êtes plutôt cuisine que plats vendus tout préparés ? La petite Okara est probablement la youtubeuse francophone la plus suivie par celles et ceux qui veulent (entre autres) découvrir des recettes 100 % végétales, avec un cumul de plus d’un million cinq cent mille vues l’année passée. Si le titre de la meilleure vidéo 2020 Vegan depuis 6 ans : L’erreur de ma vie ? vous intrigue, sachez que la vidéaste vient tout juste de sortir un livre proposant un programme de 30 jours pour devenir végan. Plus militante, l’EncycloVeggie est lauréate du prix de la meilleure nouveauté. Cette application et son site internet visent à faciliter l’accès à l’information pour celles et ceux qui veulent se lancer dans la défense des animaux. Son système d’indexation permet en effet de trouver facilement les enquêtes emblématiques, des illustrations et plein de petites fiches sur une multitude de sujets liés à la cause animale.

Alors que la consommation de viande dans le monde a triplé en 50 ans, 2020 devrait être actée comme la seconde année consécutive de baisse de la consommation mondiale. L’épidémie de peste porcine ayant durement frappé les élevages chinois et la pandémie de Covid-19 ayant provoqué la fermeture de nombreux abattoirs y sont certainement pour quelque chose, mais peut-être pouvons-nous espérer que les conséquences sanitaires, écologiques et éthiques de l’exploitation entraînent une évolution durable de nos habitudes alimentaires, si impactantes pour les animaux.

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