La naissance d’Eden et Mitaine

L’expérience personnelle comme déclencheur !

Passionnée par les chats depuis ma plus tendre enfance, je fais même l’affront à mes parents de faire du mot « chat » mon tout premier mot. Enfant, pendant que les autres jouaient à la poupée, je jouais à « apprivoiser les chats sauvages » dans la ferme de mes grands-parents. Tout au long de ma vie, je suis restée proche de mes amis félins. J’ai toujours eu un chat auprès de moi.

Je n’ai pourtant pas choisi un métier dans ce domaine au départ.

Psychologue sociale de formation initiale, je n’étais pas particulièrement destinée à créer des mobiliers. Cependant, j’ai toujours aimé le bricolage, le dessin, la création. Issue d’une famille bretonne, ancrée dans « la terre », le monde agricole réputé pour son caractère besogneux et ultra-réaliste ne laissait pas la place à l’émergence d’idées non conventionnelles. Tout ce qui se rapprochait de l’artistique faisait peur, à cause de son aspect incertain quant à l’emploi, l’avenir professionnel.

Avec le recul, si ce côté avait été un peu plus nourri dans mon enfance, je suis certaine que j’aurais choisi l’art appliqué comme orientation scolaire.

Mais avide de reconnaissance familiale, je me suis dirigée vers l’économique et sociale.

N’étant pas « matheuse » et n’ayant pas de très bonnes prédispositions pour les langues étrangères à l’école, je me dirige vers la psychologie, parce que j’avais « envie de comprendre les gens » et la Fac avait toujours été une suite logique pour moi. Un peu par esprit de contradiction aussi parce qu’on voulait me pousser vers un « BTS», quelque chose de bien concret !!!! et où on surveillait bien les résultats des élèves !

Bref, des inquiétudes bien légitimes de parents soucieux de l’avenir de leur enfant, mais quelques peu pesantes. J’arrive quand même à imposer la faculté de psychologie, comme une petite rébellion.

Une discipline passionnante qui m’a sans doute donné les armes pour avoir le courage de sauter le pas, de changer en toute conscience.

Mais déjà à l’époque, le jour où, étudiante, pour préserver ma tapisserie des griffes de minet, je décide d’acheter un arbre à chat, je me heurte au duo de compétition « motif papatte et moumoutte à foison »!

Devant ce cimetière du bon goût, je décide de faire mon propre arbre à chat, avec les moyens du bord à l’époque, avec de la récup pas forcément très esthétique mais au moins « 0% moumoutte ».

En 2008, après plusieurs stages en entreprise, qui ne m’ont pas particulièrement passionné, j’obtiens mon Master en Psychologie sociale et Ressources humaines.

Et me voilà sur le marché du travail, à la recherche d’un poste où je pourrais m’épanouir, parce que c’est ça l’enjeu de notre génération « s’épanouir au travail » !

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden et mitaine scandinave

Je m’essaye donc à plusieurs types de postes : Responsable Emploi et formation dans l’industrie, formatrice et coordinatrice en insertion, puis le conseil en changement de carrière, le bilan de compétences. Chacun des postes me paraissait intéressant les premiers temps puis dès que j’avais parcouru les différentes tâches, tout me paraissait répétitif.  En prenant, mon dernier poste de consultante en bilan de compétence, il est clair pour moi que c’est ma dernière tentative avant de chercher à me réorienter vers un autre domaine que les ressources humaines.

Lors de cette expérience, je suis autonome sur un bureau et je gère aussi bien les clients du cabinet, mon chiffre d’affaire ou l’intendance du lieu. Je découvre également énormément de métiers différents avec les gens que je rencontre et qui ont le courage de changer de carrière. Je les accompagne avec joie dans ce processus et avec… envie. Je fais beaucoup d’heures, je m’investis beaucoup pour les gens, je ne me rends pas compte que je m’épuise moralement, à sans arrêt essayer de remonter le moral des gens qui vivent des situations difficiles dans leur entreprise, leur vie personnelle parfois, je m’isole. Subir la pression de devoir finir les parcours de chaque bilan de compétences avec un nouveau projet construit alors que parfois les gens ne sont pas prêts à construire. Sans parler des plans sociaux dont nous gérons parfois les reclassements. Il faut suivre de plus en plus de gens en même temps pour de moins en moins cher. Je commence à ne plus avoir envie de sortir, de voir mes amis. Je dors beaucoup mais je suis toujours fatiguée.

J’essaie de faire des activités manuelles à côté, je commence à faire des meubles à base de palette, de bois brut, mais je rentre régulièrement en pleure du travail. Je suis à bout, je n’ai plus envie de rien. Et puis un jour… BAM ! Burn out ! Pendant ces jours sombres, j’entrevoie ce qu’est une dépression… Et je refuse, je refuse de continuer à faire quelque chose qui me fait du mal.

Après cet arrêt, ma décision de changer est prise, je vais tout faire pour commencer autre chose. Je m’applique donc les méthodes de bilan de compétences et j’échange à ce sujet avec d’autres collègues.

C’est cette dernière expérience qui m’a permis de prendre conscience de ce qui me manquait dans mon métier. Ayant toujours aimé créer, je ressens alors le besoin de faire quelque chose de concret de cette capacité.

Il est en revanche difficile de reprendre des formations longues lorsqu’on est entré dans le monde du travail en France. Étant bien placée pour connaitre les différentes voies d’accès, je sais que j’ai plus de chance de réussir si je vise une formation en un an. J’ai envie de travailler de mes mains et de prendre le contre-pied de ce que je fais à ce moment-là. Ayant aimé suivre les gens du bâtiment dans leurs stages, formations etc… je décide moi aussi de faire un stage pour confirmer mon idée. Je demande à un ami menuisier, si je peux passer une semaine avec lui en menuiserie, il est à son compte, il accepte à condition que je me tienne éloignée des machines, en tant que salariée je n’ai pas de conventions de stage, je fais ça sur mes vacances et je ne suis donc pas couverte par une assurance.

Mon attrait est confirmé, la menuiserie est un des seuls métiers du bâtiment où vous pouvez travailler la matière brute jusqu’à en faire un objet fini. Les perspectives me paraissent illimitées. Je suis enthousiasmée par l’ouverture du champ des possibles. Le bois est une matière superbe à travailler.

Je commence à tâter le terrain auprès de mes proches, dans un contexte de changement de carrière, le soutien est important…ils sont fermement contre !

A ce moment-là pour la survie de mon projet et mon bien-être, je m’éloigne un peu de ma famille.

Je m’appuie sur les quelques amies qui me soutiennent dans mon projet, qui trouvent qu’effectivement ça me ressemble, que j’ai raison de me lancer, que je suis forte, que j’ai du courage… Je vais vers les gens qui me font du bien.

En parallèle mon conjoint, réticent à l’idée de ce changement, accepte l’idée et voit bien que je ne suis pas heureuse dans mon travail. A son retour d’un voyage, il me rapporte un magnet portant l’inscription « choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » de Confucius. C’est une petite attention mais ça me touche vraiment. Et ça me donne une bouffée d’oxygène pour continuer plus sereinement.

Après 3 tentatives de demande de CIF* (*congé individuel de formation) réparties sur un an et demi, on me laisse entendre que ce n’est pas la peine de continuer, je ne fais pas partie des publics prioritaires : trop de diplômes, la priorité est donnée aux gens qui n’en ont pas, ce que je peux comprendre. Cette formule qui aurait pu être « confortable » pour une reconversion, puisque vous touchez votre salaire pendant la durée de formation, n’était donc plus envisageable.

La suite était donc plus risquée car je devais réussir à faire accepter une rupture conventionnelle à mon employeur. Chose qui pour un employeur, revient à payer une salariée pour qu’elle puisse partir alors que vous êtes de votre côté satisfait de son travail et n’avez aucun intérêt à ce qu’elle s’en aille. Bref la négociation fut « épique pour moi» mais soldée par une première victoire !!!!

Je m’inscris ensuite au Pole emploi et fais une demande de formation en sachant qu’elle fait partie des formations prioritaires de la Région Bretagne, je suis bien placée pour le savoir, j’ai déjà accompagné des gens dans cette demande de financement. En parallèle j’étais en contact avec le centre de formation GRETA qui au vu de ma motivation me soutenait dans mes démarches.

Une fois le recrutement et le financement assurés je passe un an en formation pour obtenir un CAP Fabricant de menuiserie, bâtiment, mobilier, agencement. Je souhaitais apprendre à réaliser du mobilier de A à Z. Cette année de formation a été un réel break dans ma vie. Je passais d’une ambiance de bureau, des métiers plutôt très féminisés à des formations très majoritairement masculines ! J’étais d’ailleurs …la seule femme ! N’ayant pas la langue dans ma poche et ne me laissant pas intimider facilement, ça ne m’inquiétait pas particulièrement.

Et je n’avais d’ailleurs pas à m’inquiéter car ils ont tous été très bienveillants et ravis de féminiser un peu la promo. L’ambiance était vraiment super, nous étions tous des adultes motivés et avions envie que ça se passe bien !

Je fais mon possible pour me débrouiller, je refuse de demander de l’aide pour porter certaines choses lourdes parfois, bref je fais mon bonhomme ! Je veux prouver que je suis aussi capable que les autres, et il s’avère que je le suis, au prix de quelques courbatures ! (que j’accueille avec plaisir !)

Nous avons eu un formateur qui était très bienveillant et à l’écoute dans l’atelier, il nous a laissé libres de créer ce que nous voulions pour l’examen. J’ai pu expérimenter un vrai processus de création et j’ai adoré ça ! Ça a été une vraie révélation pour moi, c’était ça ! Ce qui me plaisait c’était créer !

Le travail du bois n’était que le moyen de parvenir à ce que je voulais.

Le travail en stage puis en interim dans une entreprise d’agencement me l’a confirmé, les tâches de manœuvre en menuiserie ne me suffisent pas. Je tourne très vite en rond, la création me manque.

En parallèle, nous prévoyons avec mon conjoint de nous rapprocher de la côte et nous déménageons dans l’été. Cet intermède me pousse à m’interroger sur ce qui me plait vraiment. De plus, le CAP menuiserie apporte des bases mais ne permet pas d’être autonome dans une entreprise en tant que salarié où l’on demande de la productivité avant tout. La création n’a pas sa place dans une entreprise d’agencement pour le menuisier d’atelier, ce sont souvent les bureaux d’études qui s’occupent de la création.

Je me demande donc si ce n’est pas le moment d’étudier la question de la création d’entreprise.

Je commence donc une formation avec l’association «Entreprendre au féminin». Une journée par semaine pendant 2 mois et demi j’intègre un groupe de 20 femmes en projet de création sur le thème de « l’émergence de projet ». Nous traitons tous les sujets de la création d’entreprise (lever les freins, le rapport à l’argent, la définition de l’offre, le ciblage clientèle,…)

Je m’aperçois de l’enjeu actuel qu’est l’entreprenariat féminin.

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden

L’idée de mobilier pour chat était déjà présente en arrière-plan, mais je ne savais pas comment défendre ce projet. Je craignais de ne pas être prise au sérieux. Déjà quand vous êtes une femme dans le milieu industriel, c’est plus difficile alors en plus si arrivez avec un projet que beaucoup considèrent comme délirant… De plus dans la tête des gens, quand on parle d’arbre à chat on a tout de suite en tête l’arbre à chat en peluche !

L’idée à finit par s’imposer d’elle-même comme une évidence. Mon envie de créer, mon attrait pour le design, la menuiserie et ma passion pour les chats se rejoignaient naturellement. Tout me poussait vers ce projet !

Cette formation m’a aidée à dépasser mes craintes et assumer cette idée. J’ai pu construire des arguments tangibles, appuyés par des chiffres que les gens ne pouvaient pas nier. Cela m’a permis de structurer mon projet et de le défendre devant des banquiers, des fabricants, parfois même des proches réticents au projet.

Je savais qu’il y avait un cruel manque de choix, dans le domaine des arbres à chat, et le panel proposé majoritairement en « peluche » contribue à un aspect « mémérisant » pour les propriétaires de chats. Comme si le fait d’avoir un chat voulait forcément dire que l’on accordait aucun intérêt à son intérieur…

D’où mon idée de proposer quelque chose qui puisse rendre nos chats heureux sans sacrifier notre décoration.

Ma passion pour les chats ayant toujours été présente, il est toujours plus facile d’apprendre naturellement, sans y penser, sur un sujet qui nous plaît. J’ai donc pu accumuler des connaissances, des observations et surtout remettre en cause régulièrement des croyances que l’on peut avoir au sujet des comportements félins.  J’ai souvent été sollicitée par des amis pour des conseils sur leur vie quotidienne avec leur chat. Et j’étais toujours un peu surprise d’apprendre des choses aux gens sur leur chat, alors que ça me paraissait évident.

Mais en fait… non ! C’était évident pour moi parce que j’avais appris à connaître les chats depuis des années. J’avais appris à anticiper leurs réactions, à les apprivoiser.

J’avais découvert, parfois à mes dépends, ce qui leur était nécessaire au quotidien.

Je me souviens encore avoir dû refaire la tapisserie de mon appartement d’étudiante parce que le chat a besoin de faire ses griffes ! Je n’avais vécu jusque-là qu’avec des chats qui sortaient quand ils le voulaient.

Design & Bien-être
© Design & Bien-être / Eden

Mais j’ai appris également à remettre en question mes connaissances, parce qu’au final, même s’il y a des connaissances générales, il y a toujours des exceptions ! J’ai été par deux fois famille d’accueil pour des portées de chatons et j’ai pu le remarquer, chaque chat est différent et c’est aussi ce que j’ai pu confirmer avec Eden et Mitaine. Elles ont des caractères opposés !

Eden est une minette persane croisée exotic shorthair, bien dans ses pattounes, très câline toujours disposée pour la caresse. Un peu pot de colle même. Elle est sûre d’elle et elle est du genre à s’imposer dans un nouvel environnement quitte à tenter (et à réussir !) d’intimider les occupants habituels du lieu. C’est également dû au fait que j’ai beaucoup bougé avec elle quand elle était petite mais elle a toujours eu un tempérament bien trempé avec les autres animaux, elle ne se laisse pas impressionner ! Elle fait le ménage sur son territoire.

Mitaine à l’inverse est une minette croisée Sacré de Birmanie qui est très craintive. Nous avons des doutes sur ce qu’elle a pu vivre avant que nous ne la récupérions. Il nous a fallu des mois pour la sociabiliser. C’est le jeu qui nous a permis de la faire s’ouvrir à nous. Aujourd’hui encore, à 7 ans, elle fait des progrès face aux nouvelles têtes qui passent à la maison. Avant elle se terrait sous notre lit, aujourd’hui elle vient renifler les nouveaux venus. Avec elle, les câlins sont des moments qu’elle choisit mais à ce moment-là quel CALIN !!!! Mitaine a besoin d’un environnement où elle peut se sentir en sécurité et les arbres à chats font partie de la solution. Le fait d’être en hauteur la sécurise.

Contrairement à Eden qui peut s’étaler de tout son long sur le parquet, en toute confiance, (elle sait qu’on va faire attention à l’éviter quand on marche) Mitaine, craint le moindre pas que l’on va faire un peu trop près d’elle.  C’est pourquoi les positions en hauteur sont importantes pour elle car elle recherche tout de même à être près de nous.

Design & Bien-être
© Design & Bien-être / Eden

L’importance de l’arbre à chat !

J’ai compris avec Mitaine cet autre dimension importante de l’arbre à chat : Le besoin de hauteur !

L’arbre à chat n’est pas seulement important pour l’aspect « griffable » ! C’est important, d’autant plus si l’on veut conserver son canapé où son tapis en bon état ! Mais le besoin de hauteur est tout aussi important. Il faut bien comprendre que le chat domestique est encore très proche du chat sauvage, et à l’état sauvage, le chat est à la fois un prédateur ET une proie !

La hauteur a donc un double intérêt pour le chat :

  • Surveiller son territoire de chasse
  • Être à l’abri des prédateurs

Ensuite le griffage est nécessaire au chat pour :

  • Marquer son territoire, le chat dépose des phéromones afin de laisser sa trace dans son environnement et se sentir chez lui.
  • Se débarrasser des couches de kératine mortes sur ses griffes

L’étude de terrain

Eden et mitaine scandinave

Une fois le projet décidé je devais passer à l’étape de conception de l’arbre. Le bois était de par ma formation et mes prédilections, un matériau déjà tout indiqué. Est ensuite venue la partie technique du processus de création où j’ai dû lister les problématiques auxquelles je devais répondre pour améliorer le concept d’arbre à chat tout en ayant pour objectif de toujours améliorer le bien-être du chat.

Pour cela j’ai pu m’appuyer sur une enquête menée auprès de 300 propriétaires de chat ainsi que des entretiens que j’ai pu avoir avec des professionnels du secteur : Vétérinaires, comportementalistes, responsables de boutique et d’hôtels pour chat et enfin bien sûr mes observations personnelles avec mes 2 chats.

J’ai pu identifier 4 problématiques principales qui revenaient chez une majorité de propriétaires.

  1. La solidité
  2. L’hygiène
  3. L’encombrement
  4. Le design

La solidité

Les arbres à chat étaient souvent vus comme peu solides et instables sous le poids du chat. On m’a parfois rapporté une durée de vie d’un an pour chaque arbre à chat.

Je devais donc, non plus créer un arbre à chat, mais un vrai mobilier durable. Avec des matériaux qui vieillissent bien et des parties griffables remplaçables facilement sans être obligé de changer la totalité du mobilier.

L’hygiène

Les différents types d’arbre à chat étaient difficile à nettoyer. En effet, souvent le tissu est agrafé sur les parties solides ce qui ne permet pas de le passer en machine ou de le nettoyer facilement.

Le mobilier devait donc être nettoyable facilement et toutes parties en tissu passables au lave-linge.

L’encombrement

Le souci des grands arbres à chat est qu’ils ont souvent une grande emprise au sol et occupent donc une grande surface du logement. Ce qui peut-être difficilement envisageable dans des petits espaces, de type appartement.

J’ai décidé pour cet aspect de concentrer le design sur une verticale. A la fois pour satisfaire les envies de hauteur de nos chats, et pour éviter un encombrement trop important de la pièce.

Le design

Le verdict ici était sans appel. Lors de l’enquête une grande majorité de gens regrettait l’esthétique des modèles actuels, voir estimait « urgent d’améliorer le design des arbres à chat ».

Restait à moderniser ce concept avec des matériaux plus nobles que ce qui était traditionnellement utilisé et à construire un design en accord avec les tendances de décoration actuelles.

Je suis donc partie avec ce constat de départ et enfin parce que j’aime le mouvement, … et le défi ! J’ai donc voulu rajouter une notion de modularité dans ces mobiliers !

L’identité

En parallèle, un travail sur l’identité de la marque que je voulais créer a commencé. La recherche du nom a pris du temps, on est a la fois partagé entre des considérations purement techniques, du style « Est-ce que ce nom sera bien référencé sur internet ? » , « Est-ce que ce nom est déjà pris ? » etc… et l’aspect plus subjectif du « Est-ce que ça me ressemble ? », « Est-ce que ce nom traduit bien l’idée de l’entreprise que je veux créer ? » Il est toujours difficile de trouver un nom qui réponde positivement à toutes ces questions à la fois …

Et au moment où je me noyais dans les brainstormings avec tous les gens que je rencontrais, je suis rentrée dans un système de marrainnage organisé par la Chambre du commerce de ma région. La marraine qui m’a été attribuée m’a donné ce très bon conseil, elle m’a dit : « Tu sais Elise, ton nom d’entreprise, il doit te permettre d’en avoir sous le pied pour raconter une histoire ! Parce que la communication sera beaucoup plus facile si tu peux te servir de ce nom comme base de travail ! »

Design & Bien-être
© Design & Bien-être / Eden

Eden et Mitaine me sont tout de suite venues à l’esprit, quoi de mieux que le nom de mes deux chats ? Ce sont mes deux minettes qui m’ont inspiré ce projet. Elles qui sont si différentes et qui par leurs habitudes, leurs caractères diamétralement opposés, m’ont incitée à aller vers cette modularité. Alors au « diable le référencement google !!! », on se débrouillera avec autre chose pour gérer cet aspect technique.

Et dans la foulée cela m’a inspiré une série de petites illustrations que j’utilise aujourd’hui, sur mon site, dans mes modes d’emploi, sur mes réseaux sociaux.

J’ai donc pu travailler sur le logo avec une graphiste qui m’a permis d’établir une identité visuelle pour la marque.

La conception

Ce processus a pris beaucoup de temps, il fallait à la fois trouver une esthétique et des solutions techniques pour assurer la solidité de l’ensemble.

L’arbre scandinave a été le premier à voir le jour. Ma réflexion a tourné autour de l’idée de l’arbre. Aujourd’hui on vend des « arbres à chat » qui n’ont plus rien d’un arbre.

J’ai voulu retourner à la forme primaire de l’arbre pour élaborer le design d’un vrai ARBRE à chat cette fois. Les croquis ont été nombreux avant m’arrêter sur une forme de base.

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden et Mitaine

Le rôle de mes chats

Mes chats ont joué un grand rôle dans le quotidien la conception d’Eden et Mitaine. Ils sont à la fois les sources d’inspiration du projet, les références pour la conception et les premiers testeurs.

Eden m’a beaucoup aidée pour prendre les mesures idéales. Son caractère calme et bonne pâte en tant que persane me permettait de prendre les mesures autour d’elle, vérifier l’écartement entre les marches, l’entrée de la maisonnette, la taille des plateformes…

Mitaine m’a permis de confirmer que les chats se sentaient en sécurité en hauteur dans la maisonnette, comme dans un cocon.

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden

Chaque fois que je voulais choisir un matériau, je prenais plusieurs références et je les proposais pendant quelques jours à mes chats, pour le griffoir par exemple, je l’ai fait valider par mes chats. J’ai également pratiqué ce test pour le choix des mousses des coussins, j’ai disposé les différents coussins les uns à côté des autres et j’ai attendu de voir où ils choisissaient de s’installer le plus souvent.

J’ai créé un premier prototype assez grossier pour vérifier toutes mes mesures. J’ai ensuite dû apprendre la modélisation 3D pour pouvoir créer ce modèle en numérique et pouvoir l’intégrer à des intérieurs décorés.

Ces visuels 3D me permettaient de communiquer sur le projet auprès des banques, de participer à des concours pour faire connaître le projet également. De manière générale, j’avais besoin de visuels pour montrer la différence de design que je proposais par rapport à ce qui se vendait à ce moment-là.

Design & Bien-être
© Design & Bien-être / Eden

S’en est suivi un dossier de financement construit avec un comptable et un passage devant plusieurs commissions d’attribution de prêts d’honneurs, plusieurs banques pour trouver les bons partenaires. Mais ce travail de montage de dossier à bien payé et j’ai pu démarrer mon entreprise avec les fonds nécessaires pour continuer la recherche et trouver un fabricant capable de faire des séries.

Il a tout de même fallu une sacrée énergie pour défendre le projet qui prêtait à sourire pour beaucoup de professionnels. J’ai donc dû redoubler d’effort sur la présentation du projet et m’appuyer sur des éléments chiffrés, concrets.

Il a fallu affronter des personnes qui réagissent de manière parfois dédaigneuse face au projet, je me souviens encore d’un entretien avec une conseillère dans une banque qui m’a dit : « Ah bon parce que ça joue un chat ? »

Euh ok… On part de loin !

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden et Mitaine

Je me souviens être sorti de cet entretien épuisée mais j’ai tout de même réussi à les convaincre. Au final, c’est moi qui ai eu le choix entre les différentes banques qui étaient ok pour suivre le projet.

En parallèle, je souhaitais également proposer un modèle plus adapté aux décorations modernes et industrielles. Je voulais mélanger les matières et créer un modèle bois-métal. N’ayant pas les connaissances techniques sur les contraintes du métal, je me suis appuyée sur un bureau d’études proche de Rennes qui m’a aidée à concevoir ce deuxième arbre. L’idée était de garder le même principe de modularité en changeant tous les systèmes de fixations puisque les matériaux n’étaient pas les mêmes.                                              

Puis j’ai travaillé avec une entreprise de menuiserie bretonne spécialisée dans l’élaboration de prototype. Ils ont permis la réalisation d’un prototype complet, il a également fallu trouver une entreprise spécialisée dans le tournage bois équipé en numérique car la précision des assemblages ne tolérait pas de marge d’erreur.

Durant tout le projet la recherche de fabricants a été une grosse partie du travail, les pièces sont complexes en termes de fabrication et nécessitent des compétences et des équipements importants.

Ces premiers prototypes ont permis de donner vie au projet Eden et Mitaine, avoir enfin devant soi un mobilier sur lequel on travaille depuis plusieurs mois a quelque chose de grisant. J’ai pu organiser le premier shooting photo pour mettre en valeur ces arbres et vérifier les améliorations à apporter avant de fabriquer la série.

J’ai voulu profiter de ce premier shooting pour mettre en valeur une association et c’est Moustache et Cie qui a bien voulu se prêter au jeu avec Michoko, un jeune chat noir et blanc, qui nous a fait un vrai show sur l’arbre Indus !! Cela me permettait de profiter de la campagne de communication que j’allais faire pour mettre un coup de projecteur sur une asso.

Voir pour la première fois Eden et ce chat mis en scène sur les arbres était vraiment une première concrétisation du projet !

Et la communication sur celui-ci devenait plus facile, grâce aux photos. J’ai créé tous les comptes sur les réseaux sociaux d’Eden et Mitaine, Page Facebook, Instagram, Pinterest, LinkedIn, Twitter (j’ai très vite arrêté ce dernier, je n’étais vraiment pas à l’aise avec ce réseau et on ne peut pas tout faire).

Le lancement

L’étape suivante était le lancement de la campagne de crowdfunding, (financement participatif). Un gros travail de communication pour une marque complètement inconnue mais cela a permis à de faire repérer la marque par TF1, avec l’émission « La vie secrète des chats », le groupe M6 avec William à midi sur C8. Ainsi que l’émission « Les 100 premiers jours des chatons » sur TFX. C’était une riche expérience de découvrir les coulisses de tout ça !

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden

Cette campagne a permis de lancer la marque, trouver les premiers clients et récolter une somme permettant de contribuer au lancement de la première série.

En parallèle je fréquentais assidûment les réseaux d’entrepreneurs de ma région à la fois pour rencontrer de nouveaux entrepreneurs et pour nourrir cette énergie d’entreprendre. Les échanges avec les autres entrepreneurs sont très importants, rester isolé fait stagner. Une situation problématique peut se débloquer d’elle-même en l’expliquant à d’autres, parce qu’on la voit sous un autre angle et rencontrer d’autre entrepreneurs, c’est rencontrer des gens qui sont dans cette même énergie.

J’ai donc pu trouver une entreprise qui avait les capacités requises et qui acceptait de me suivre dans le projet. Cependant il fallait adapter le modèle à des méthodes de fabrication industrielles, s’en est donc suivi une longue période d’aller-retour avec la partie bureau d’étude de cette entreprise et l’élaboration d’une pré-série destinée à valider le modèle et régler toutes les machines.

Tous ces aller-retours ont pris beaucoup plus de temps que prévu, là où je prévoyais un an pour le lancement, j’en ai mis 3 ! J’ai mis toutes mes économies dans ce projet et je travaillais à temps partiel dans mon précédent poste de temps en temps pour pouvoir continuer à alimenter ce projet.

Design & Bien-être
© Design & Bien-être / Eden

Le plus difficile a été de trouver un compromis entre des coûts de fabrications qui sont élevés et des tarifs acceptables pour les clients. Oui ces mobiliers ont un coût, mais ce sont de véritables mobiliers ouvragés et durables. La fabrication française est également l’une des raisons de ce coût mais le fait de valoriser des savoirs-faire français me tenait à cœur.

Mais le site d’Eden et Mitaine est maintenant en place et la commercialisation est lancée depuis fin 2019, la première série de fabrication d’arbre à chat scandinave est entièrement écoulée et la série Indus disponible depuis septembre est déjà bien lancée. Les Etats-Unis se montrent très intéressés par les produits et j’ai déjà pu en envoyer à Chicago, Peaks Island, San Fransisco.

Il y en a même un qui est parti en Corée du Sud.

Je lance une deuxième série un peu plus grosse d’ici la fin de l’année et j’ai de nouvelles idées en cours de gestation. Eden m’a encore montré la voie de mon prochain mobilier que je veux plus accessible au grand public cette fois, accessible à tous les budgets.

Il est important pour la pérennité d’une entreprise de toujours être capable de se remettre en question, il faut de la souplesse pour pouvoir rebondir en cas d’imprévu, d’obstacles. C’est ce que j’essaie de faire au quotidien…

Eden et mitaine scandinave
© Design & Bien-être / Eden

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